10 raisons de ne surtout pas manquer Ljubljana

(une connexion défaillante est en train de perturber les illustrations de cet article. Elles arrivent, elles arrivent.)

  1. Pour la claque visuelle du cœur historique si l’on ne s’attend à rien.

Ljubljana ? Pour moi ce n’était pas grand chose de plus qu’un nom amusant ou imprononçable (selon mon humeur), capitale d’un pays un peu étrange, perdu entre l’Italie (donc l’Ouest) et les Balkans (donc l’Est). Ljubljana, ce n’est pas que ça. Il faut certes un petit temps d’entraînement pour ne plus hésiter sur l’ordre des J et des L, et la Slovénie rencontre bel et bien quelques difficultés à être ainsi coincée entre l’Ouest et l’Est, mais Ljubljana est aussi la plus belle ville d’Europe, selon certains. Ne vous récriez pas, Ljubljana a des arguments en sa faveur :

–       la Ljublanica, petit fleuve qui traverse le centre historique, bien moins large que la Seine, la Spree, le Tibre ou le Danube et qui donne donc à la ville des airs de canaux vénétiens, les passants pouvant aisément se saluer d’une rive à l’autre, et la traversée des ponts ne durant que quelques secondes.

–       Ponts tous assez intéressants, mais particulièrement celui qui conduit de la place principale à la vieille ville et qui est en réalité constituée de trois ponts accolés les uns aux autres. L’architecte se refusant à détruire l’ancien pont, pourtant trop faible pour accueillir les voitures, en fit construire deux similaires à côté.

–       Le centre ville est aujourd’hui piéton (renforçant l’aspect insolite du triple pont, qui s’étale désormais sur toutes les cartes postales), et je ne le rappelerai jamais assez : Diable qu’il est agréable de se balader sans entendre de klaxons et sans respirer de pétrole. Vous croiserez en revanche plusieurs individus à pédales, la ville bénéficiant d’un système comparable aux Velib et autres vélos en libre service.

  1. Pour l’alternatif inattendu

Le petit fleuve, les ponts travaillés aux allures de carte postale, les cafés sur les rives… Vous vous croyez à Venise ? Effectivement. Mais à seulement dix ou quinze minutes à pied du centre, c’est en plein cœur de Berlin Est que vous vous retrouvez plongés. Le quartier de Metelkova est un temple du street art, du camping artistique, des soirées dubstep et de la bière pas chère (le vin blanc, en revanche, y est proprement infâme. C’est terrible, de ne pas aimer la bière je vous le dis). Un quartier où il fait vraiment bon se poser et regarder le soleil tomber, où se lever. Un quartier que les autorités ne souhaitent pas transformer en business city ou en centre commercial, un quartier fait pour durer malgré son côté éphémère de bric et de broc, où il faut absolument passer quelques heures avec des locaux, à parler des étudiants slovènes, de l’Inde, de tatouages et de prisons. (Sans rire, sans cliché, ce fut le cœur de ma discussion mon premier soir à Metelkova).

  1. Pour le free tour passionant :

Parler anglais avec des Coréens et suivre un parapluie fièrement arboré par un local, vous imaginez bien que ça n’a jamais été mon plus grand plaisir. Mais arrivée à Ljubljana sans rien savoir de la ville, du pays, de ses us et coutumes ou quoi que ce soit (ah bon ils ont l’euro en Slovénie ? Voilà à peu près où j’en étais il y a quelques jours.) m’a poussée à rejoindre le free tour proposé par des étudiants slovènes. Rendez-vous à 11 heures sur les marches de l’église (place principale) où les jeunes en t-shirts jaunes attendent avec amusement les touristes déjà suants aux yeux écarquillés.

La suite n’est qu’une liste géniale de récapitulatifs historiques nécessaires, d’anecdotes plutôt rigolotes, et de découvertes insolites, dans le centre de la ville. Qu’est-ce que les dragons viennent faire à Ljubljana (et ils sont partout), qui est le type qui trône au milieu de la place principale et qui ne ressemble ni à un roi ni à un général, pourquoi l’église est-elle aussi rose que mon tout premier maillot de bain, que viennent faire toutes ces maisons praguoises ici et pourquoi y-a-t-il partout des colonnes grecques ? Autant de questions existentielles, et verser quelques euros à une guide souriante pour obtenir les réponses vaut le coup.  (Quelques euros, quand même, puisqu’ils ne sont réménurés qu’aux pourboires, ne recevant pas encore d’aides de la ville…)

  1. Une communauté couchsurfing à soutenir

Mais si, couchsurfing, vous savez bien, ce site qui vous permet de dormir gratuitement sur le canapé de l’habitant pour quelques nuits, et donc de partager un moment innatendu avec une personne que vous n’auriez jamais rencontrée autrement, et de bénéficier d’un point de vue local unique sur la ville que vous traversez. Couchsurfing, ce sont aussi des meetings et divers évènements régulièrement organisés dans plusieurs villes. À Ljubljana, ils débutent, les voyageurs se faisant de plus en plus nombreux, et ont donc une motivation en acier, organisant notamment des dîners dans des restaurants locaux le lundi, et des rencontres culinaires le mercredi. Si vous passez par Ljubljana à une de ces deux occasions, ne manquez pas de vous y joindre, quels que soient votre âge ou votre origine !

  1. Les concerts et les cafés

Il y a un endroit génial à Ljubljana, un ancien monastère de croisés réarrangé en place publique, qui accueille aussi des concerts en plein air, de petite ou grande échelle (Queens of the Stone Age lorsque j’y suis passée, pour la grande échelle). Mais le côté génial, ce n’est pas seulement la salle originale, c’est le fait que la salle se situe juste à côté d’un jardin en accès libre, et que n’importe quel quidam peut donc s’installer gratuitement dans le jardin et profiter du concert donné pour les braves citoyens ayant payé leur ticket ! Plutôt amusant d’observer les étudiants de Ljubljana tous rassemblés dans le jardin, oreilles tendues vers le son venant de l’arène d’à côté.

Ljubljana est donc une ville dynamique, et la kyrielle de cafés s’alignant sur les rives du centre le prouvent très bien. Cocktails à 4 euros ici ou là, grands verres de limonades maison, terrasses remplies mais accueillantes.. Il fait bon vivre dans le coin.

  1. « Il est beau mon melon il est beau ! »

Tous les jours sauf le dimanche, il suffit de passer le pont et c’est tout de suite l’aventure. Ah non pardon ça c’est autre chose. Bref, il sufit de passer le triple pont, ou le pont des bouchers et ses cadenas d’amour et vous êtes sur la place du haut marché, haut lieu social de Ljubljana. Si vous avez vécu en province et avez observer les échanges animés des grands-parents se racontant leur vie entre deux barquettes de fraise, vous retrouverez là le plaisir de votre enfance. Les produits ne sont pas toujours donnés, les petits agriculteurs slovènes ne rivalisant pas vraiment avec les grandes chaînes de distribution, mais tout est frais et délicieux (bon d’accord je n’ai testé que les fruits de base. Mais j’ai confiance, il y avait de belles couleurs et tout le monde souriait) et vous avez le plaisir de soutenir le local. Ce qui explique d’ailleurs le pourcentage élevé de personnalités plus ou moins politique traînant au marché et se faisant remarquer soutenant leur pays et discutant avec le peuple. Et un bon point, un.

Oh et pour faire encore plus local et écologique : fini les paquets de laits qui s’accumulent dans votre poubelle, achetez une bouteille en verre et vous n’aurez plus qu’à la remplir consciencieusement et régulièrement aux distributeurs de lait installés un peu partout, même en plein centre ville.

  1. Tivoli, Tivoli, Tiiiivoli.

Le parc Tivoli, et les autres parcs de Ljubljana. La capitale slovène est une ville verte, sans pollution et fourmillant de vélos comme je l’ai déjà noté, avec des saules pleureurs venant se lamenter dans la Ljublanica, mais avec aussi une jolie proportion d’espaces verts.

–       Dans le centre de la ville : le Park Zvezda, sur la place « politique » de Ljubljana (où réside le mair et où ont donc eu lieu tous les grands dicours), qui ne brille pas par ses dimensions, mais pour son ambiance agréable, ses pelouses sympathiques, ses bancs entre ombre et soleil, ses cafés, et sa pizzeria délicieuse où l’on peut emporter des parts à manger sur le pouce.

–       Un tout petit plus à l’Ouest, le parc Tivoli. Si vous résidez au Tivoli Hostel comme moi (et je vous le recommande les yeux fermés !) vous aurez le plaisir de le traverser chaque jour pour vous rendre dans le centre : grande allée servant de lieu d’exposition, fleurs à tous les coins de chemins, quiétude et soleil sont les maîtres mots de ce très, très grand parc.

Et globalement, les Slovène sont assez férus de nature et de jardinage, vous découvrirez donc un peu partout des bosquets de lavande et des balcons aménagés en potager. Ca sent bon, c’est nature, c’est coloré, on ne se plaint pas et on sourit aux oiseaux qui viennent butiner tout ça.

  1. Les étudiants

Population de Ljubljana : 280 000 habitants

Population étudiante de Ljubljana : 40 000, soit 1/7ème de la population.

Il fait très très bon être étudiant à Ljubljana, et donc globalement, tous les jeunes Slovènes y passent. Études gratuites et relativement longues, semestres à l’étranger très largement accessibles et disponibles (clin d’œil à Anna, cette Slovène qui a passé toute son université inscrite à Ljubljana mais en enchaînant cinq semestres à l’étranger), promotions et offres dans tous les restaurants et lieux culturels de la ville… Ljubljana chérit ses étudiants, et ils le lui rendent bien. Il faut dire que vu le taux d’emploi des jeunes, mieux vaut les garder étudiants, et aucun politique ne songe à raccourcir la durée des études…

Quantité d’étudiants, donc, ce qui garantit un certain dynamisme à la ville. J’ai notamment parlé avec un étudiant en physique, une en relations internationale et une en économie, tous s’accordaient sur le plaisir qu’il y avait à être étudiant à Ljubljana, même si certains finissent par s’ennuyer dans la petite capitale. Le voyageur lui n’a pas le temps de s’y ennuyer. Et à peine avais-je commencé à comprendre les subtilités des problèmes politiques slovènes qu’il était temps de prendre congé.

  1. Parce que c’est à 40 minutes en voiture, 1h30 en bus de Bled

Qu’on ne se méprenne pas : Ljubljana, j’aime beaucoup, je viens de vous l’expliquer en huit points. Mais il faut tout de même sacrifier au moins une demi journée pour aller au bled. À Bled, pardon. Parce que Bled, c’est… c’est…

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Voilà. Vous avez saisi ?

Allez, quelques conseils pour la route : si vous faîtes le trajet depuis Ljubljana, le bus vous déposera sur la rive Ouest, au Nord, pas très loin du château. Ca tombe bien, la rive Ouest est largement la plus belle. D’abord il y a le château (qui était trop cher pour mon budget, mais en fouillant bien les chemins autour, on accède tout de même à de superbes points de vue sans payer les 11 euros nécessaires) et puis il y a, ben, le lac. En le longeant sur le côté Ouest, vous êtes d’abord séparés du lac par plusieurs hauts arbres et une légère barrière en bois. Au bout d’un moment, la barrière en bois disparaît, et c’est le moment d’ouvrir l’œil. Plusieurs chemins descendent jusqu’au lac.. Lieux de baignade tranquille au programme. Pas un chat (quelques poissons, un serpent, une araignée. Je l’ai bien vécu) et vous êtes protégés du regard des passants curieux par les arbres. Quelques mouvements de brasse, de papillon, ce que vous voulez, sortez la tête hors de l’eau… C’est le paradis. Promis. Quand je pense que je viens d’affirmer à un ami turc que je ne croyais pas au Paradis. Tout est à revoir.

(La rive Est, si vous insistez, est un ensemble de casinos, de complexes hôteliers plutôt luxueux et de restaurants touristiques… Oui, c’est triste le tourisme de masse, et non, je n’ai toujours pas de solution miracle contre cela.)

10. Parce que tout le reste de la Slovénie est absolument à découvrir.

Ah si, une solution pour fuir le tourisme de masse : s’enfoncer un peu plus dans la Slovénie, ce que je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire. (Et sans voiture, c’est faisable, mais un rien plus compliqué). Attrapez n’importe quel prospectus touristique et prenez le temps d’observer les photographies des caves, des montagnes, des autres lacs… Oui, voilà, vous avez saisi : si personne ne vous attend à Belgrade comme c’est le cas pour moi, prolongez votre séjour slovène.

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