Week-end à Rome (also in English)

Prendre une année, comme on dit, je le recommande à tout le monde. Faire ses valises, partir, se donner un an (ou plus) pour voir du pays, ça vaut plus que le coup, ça vous change un homme. Mais évidemment, parfois, ce n’est pas possible. Parfois, on a seulement un week-end. Je me suis longtemps moquée de ces guides de voyages qui planifiaient des visites d’une ville condensée sur un week-end. « Un week-end à Tokyo ». Non mais enfin ! Si je suis à Tokyo, j’ai l’intention d’y rester un peu plus qu’un week-end. Seulement évidemment, les aléas de la vie font qu’un week-end est parfois la seule durée disponible. Et si c’est le cas, ce serait un peu dommage de manquer l’occasion sous prétexte qu’elle n’est pas suffisante. Je cesse de tourner autour du pot : Lorsque mon amie Louise m’a proposé de me rejoindre à Rome pour deux jours, et qu’elle m’a envoyé ce message laconique « Je compte sur toi pour tout organiser », j’étais désemparée. Apeurée, pétrifiée, tétanisée. Rome en deux jours ? La ville dont je ne connaissais que quelques facettes après y avoir passé un mois ? « Tu y es déjà allée au moins ? – Oui oui, nul besoin de vaticaner ou de coliséer. » Ca m’enlevait déjà un grand poids.

Et on a réussi. Deux merveilleuses journées à Rome, dont je ne veux rien oublier, d’autant que ça peut servir à d’autres.

Arrivée de Louise le vendredi soir, et toujours par conversation électronique :

Tu n'as pas trop de bagages ? Tu peux rejoindre directement boire un verre avec des amis italiens ? De l'aéroport tu vas à Termini comme tout le monde, et là en un saut de puce en métro, tu descends à Cavour où je viendrais te chercher.

À peine débarquée de son avion, elle nous rejoint donc sur la Piazza Della Madonna Dei Monti, noire de monde. Mais le monde est en moyenne italien, alors nous sommes ravies d’être là. Moi de lui montrer cet endroit qui compte parmi mes préférés, elle d’entendre parler italien et de ne voir que des têtes brunes à perte de vue. On prend des cocktails à emporter sur un des petits bars de la place (on peut aussi simplement acheter une bouteille de vin chez le petit épicier, qui vous la débouchonne et vous offre les verres en plastique) et on discute joyeusement. Puis les jambes commencent à tirailler, on ne s’entend plus parler, on est jeunes et on a la bougeotte, donc direction Blackmarket dont je vous parlais dans l’article précédent. C’est aussi assez complet lorsqu’on y arrive, mais des tables se libèrent (d’abord une toute petite, puis une plus grande), d’autres italiens nous rejoignent, et la soirée se finit en beauté autour de délicieux cocktails, spécialités de la maison.

Samedi matin, nous nous levons bien tardivement. (Et je pense donc que pour celui qui n’a pas festoyé la veille, le samedi matin peut être le moment propice pour une visite du Palatin+Forum, et même du Colisée s’il se sent en forme. Mais il faut bien commencer par Palatin+Forum, parce que le ticket acheté facilement là-bas vaut aussi pour l’entrée du Colisée et permet donc de doubler les 5h de queue. Ce qui non seulement est pratique, mais aussi tout à fait jubilatoire, c’est du vécu.) Nous habitons près de la Villa Borghese, plutôt vers l’est donc, et le soleil resplendissant donne assez envie de fuir le métro. Andiamo pour une longue promenade de part en part de Rome.

Première étape, qui s’impose à nous plus qu’autre chose, la Piazza Venezia. Les rues qui descendent vers elle vous guident sans que vous pensiez à vous éclipser, et l’immense monument blanc vous intrigue. C’est ainsi : on descend sans s’en rendre compte jusqu’au Vittoriano, le monument à Victor-Emmanuel II (premier roi de l’Italie unifiée, en 1861). L’Autel se dresse devant nous, et on sort discrètement l’appareil photo pour immortaliser cette débauche de colonnes et de marbre. Les touristes se sont tous données rendez-vous (mais un samedi aussi printanier à Rome…), nous fuyons.

Nous marchons jusqu’au Palais du Quirinal, ancienne résidence papale, aujourd’hui présidentielle. L’arrivée sur la place a toujours quelque chose d’assez impressionnant, entre l’imposante demeure et les pavés à perte de vue qui s’étalent autour de la colonne centrale. Sans oublier la vue sur Rome, qui sans être la plus impressionnante de la ville, plonge tout de même le touriste béat dans l’admiration.

Evening at Piazza Della Madonna Dei Monti, a really nice square with young italiens drinking on the steps of the fountain or in the bars around. (There is also a really and huge restaurant facing the square). Feeling tired of standing outside, we go to one of my favorite bars, Blackmarket

Saturday morning we wake up late. But for the ones ready, the morning can be use to discover the Forum/Palatino and then maybe the Colosseum (in this order, because thanks to the Forum ticket, you can skip the line at the Colosseum). We decide to have a long walk, starting with the really huge and amazing Piazza Venezia, passing in front of the Quirinal Palast, presidential house with a nice view on Rome. 

Quirinal

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Arrivées par un côté, nous descendons la volée de marche pour repartir par un autre, et tomber dans des petites rues italiennes comme on se les imagines dans nos rêves de Dolce Vita. Louise croit d’ailleurs reconnaître un endroit déjà traversé, mais les rues romaines se fondent aisément les unes dans les autres, et il est facile de s’embrouiller. On avait cru avoir fui, mais revoilà nos amis les touristes. Nous les suivons tels des petits moutons, car tous, bien disciplinés, nous progressons vers la Fontaine de Trevi. On y fait deux photos, on y jette même pas de pièce (pourtant j’étais disposée hein, parfois il faut céder aux traditions, figurez-vous que c’est elle-même qui ne l’a pas souhaité, mon amie touriste. C’est bien la peine.), on court vers le Panthéon, on s’arrête soufflée par la beauté du lieu, on entre et on regarde en l’air la coupole incroyable, puis on ressort, et on dirige nos pas vers le quartier de Trastevere, en passant donc par le Pont Garibaldi.

L’entrée de Trastevere est toujours ravissante lorsqu’on a marché presque une heure dans un centre assez touristique. Les rues sont à échelle plus humaine, les prix des cafés sont attractifs, les balcons déversent quantités de fleurs naturelles, on y entend parler italien, des chats et des Vespa sont les rois de la rue… Oui, le quartier vaut vraiment le coup. On s’enfonce un tout petit peu plus, jusqu’à la Piazza San Cosimato, désertée des touristes, et pourtant un de mes endroits favoris. Mon café fétiche nous y accueille avec une incroyable salade, et nous goûtons cette pause bien méritée. Exceptées les trois dernières de cet article et celle de la blonde Louise, les photos ne sont pas de moi, mais dans les premiers résultats Google.

We go down in the little italian streets and join the tourists because we have to see the Trevi Foutain, before running to the Pantheon and going inside to admire the magic dome. We cross the Garibaldi Bridge to discover my favorite neighborhood, Trastevere. Less tourists, less noise, smaller and nicer streets.. We go until Piazza San Cosimato and have a really good salad there. 

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quantiemeIls font aussi des glaces, évidemment. Deux indices pour savoir si elles valent le coup : les parfums doivent être conservés dans des bacs métalliques, garantie de la fraîcheur et du goût, et le glacier ou la glacière doit travailler un peu la glace à la cuillère (oui, comme une pâte à pain) avant de l’ajouter à son cornet. C’est le cas ici, et c’est donc en complète extase gustative que nous repartons nous promener dans les rues de Trastevere.

Le soleil décline alors que nous sommes de retour dans le centre, et tous les monuments se parent de couleurs incroyables. Les jeux de lumière m’émerveillent toujours lorsqu’il est 17h à Rome. On passe par Campo di Fiori, où des dizaines de détritus rappellent l’intense activité de la journée de marché et où quelques jeunes commencent déjà à affluer pour l’apéritif. On fait un détour de quelques secondes pour céder à une minuscule pâtisserie du café Farnese, sur la place éponyme, bien plus que calme que sa voisine. Puis nous marchons vers Piazza Di Spagna. Nous arrivons avec tant de fatigue accumulée, que nous n’avons même pas la force de grimper les marches, et nous nous contentons donc de rire du spectacle quotidien de ces dizaines de touristes et locaux entassés sur les marches.

La journée s’achève joyeusement autour des meilleures pizzas que j’ai mangées à Rome, et qui ne sont pourtant pas romaines, mais napolitaines (c’est à dire qu’au lieu que la pâte soit extrêmement fine partout, les bords y sont ici un peu plus moelleux.) Il s’agit du restaurant Al Forno Della SoffitaMême sans habiter à deux pas, le local vaut la peine. La cuisine est sans faute, le personnel accueillant, le lieu traditionnel et incroyable (un immense four à bois est installé dans l’entrée, les pizzas y sont pétries et cuites sous vos yeux), le cadre est agréable (pizzas à 8 euros, et pourtant nappes blanches et tables endimanchées sont de rigueur.) C’est bien simple, Louise n’en revient pas et les paillettes dans les yeux me rassurent quand à mes capacités de guide touristique.

Sun is going down, the colors are amazing. We walk back, passing through Campo di Fiori, where garbages are the sign the huge activity of the square. Just a really small detour to Piazza Farnese and Café Farnese, which has some really good cakes and pastries. We walk to Piazza Di Spagna, but are so tired that we just look at this beautiful square without going up on the well-known scales. The day ends with my pizza choice (even though they are Napoletean) at Al Forno Della Soffita.  

Dimanche, nous avons prévu un pique-nique à la Villa Borghese, mais des impératifs nous empêchent de cuisiner quoi que ce soit. Qu’à cela ne tienne, on emporte un paquet de gâteaux, et on opte pour le petit-déjeuner au centre de ce parc incroyable, dont je ne me suis toujours pas lassée (et où je n’ai toujours pas fait de jogging, contre toutes mes bonnes résolutions quotidiennes). On y accède par l’entrée donnant sur la Galerie Borghèse (impossible de jeter un coup d’oeil au musée sans réservation, attention!), et on descend jusqu’au cinéma Dei Piccoli, le plus petit d’Europe. Une baraque verte comme on ne fait pas plus mignon. On s’endort sur des ruines, sous le soleil matinal.

L’après-midi, nous trouvons un moyen de concilier ses envies touristiques (elle veut voir des ruines) et mes envies de découvrir de nouvelles choses (une journée dans le centre de Rome, ça suffit pour un week-end). Je feuillette donc mon Lonely Planet (que je recommande au passage très largement pour 1. tout ce qui est spots touristiques et choses à voir 2. ses pages historiques et culturelles, mais que je déconseille de suivre à la lettre en ce qui concerne les restaurants et les cafés, car la réalité correspond vraiment vraiment rarement.) et notre choix se porte sur une balade au sud du centre, de San Giovanni au Testaccio. Une troisième acolyte se joint à nous, et nous nous mettons donc en route pour la Basilique di San Giovanni in Laterano, en descendant toute la Via Merulana.D’ailleurs, juste avant d’arriver à la Basilique, le Merulana Café nous fait de l’oeil et nous y dégustons de délicieuses petites portions de pâtes maisons. La Basilique di San Giovanni in Laterano est la plus ancienne des quatre grandes basiliques de Rome et le premier édifice religieux chrétien construit en Occident (320). Ancienne, dorée, spacieuse, impressionnante.

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Nous marchons ensuite vers les Thermes de Caracalla. La promenade n’est pas bien jolie, nous nous sentons un peu en périphérie de Rome (nous sommes effectivement en périphérie du centre, mais à l’échelle administrative de Rome, nous restons globalement dans le centre. Regardez une carte si vous ne suivez pas, c’est effectivement assez complexe.) Trouver l’entrée n’est aussi pas évident, mon Lonely Planet indiquant d’aller au numéro 52 de la Via Caracalla, numéro qui se trouve sur le trottoir en face des ruines. Nous faisons confiance à notre instinct sur-développé, et longeons les ruines jusqu’à trouver un petit escalier qui permet d’y grimper.

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P1070285Difficile toujours d’imaginer ce à quoi cet immense complexe thermal pouvait bien ressembler en 216 après J-C, année de son inauguration. Une chose est sûre : Lorsque les Goths ont envahi Rome et ont détruit toutes les installations aquatiques, ils n’ont pas fait preuve d’une grande intelligence. Ou d’une grande sensiblerie. Parce que tout être humain normalement constitué s’arrête devant de tels lieux, et se recueille un peu. (Bon, très bien, vous n’êtes pas obligé de vous recueillir. Courir partout et s’extasier en jubilant que c’est tellement tellement beau, ça passe aussi.) On se poserait bien, mais en bons touristes que nous sommes, nous avons un programme. Direction – toujours à pieds – vers Piramide, et le Testaccio. Là-bas, nous aurions certainement pu trouver un café alléchant pour y finir notre journée, mais soudain, l’acolyte troisième se rappelle qu’il existe à côté de notre auberge le meilleur glacier du monde. Notre estomac ne fait qu’un bond, et nous abandonnons donc le programme (pas si touristes que ça finalement) pour courir (métro jusqu’à Castro Pretorio, en réalité) jusqu’au croisement de la Via Pave et de la Via Venti Settembre. Il y a la queue. Beaucoup de queue. Mais nous trouvons que c’est bon signe, et nous tenons bon. Nous serons fidèlement récompensées. Cornet croquant, fontaine de chocolat directement dedans, deux parfums de glaces onctueuses et riches en saveurs, crème légère et tendre par-dessus, le tout pour la trèstrèstrès modique somme de 2 euros. Le bonheur vous voyez, c’est ça. (Et dire qu’il faut garder un peu de place pour le soir, puisque je les emmène au Momart, dont j’ai parlé ici. Là-bas encore nous ferons un peu la queue, mais là-bas encore, nous ne le regretterons pas.)

Louise part à 4h40 du matin, je l’accompagne à Termini. Je lui demande si elle a bien aimé, elle dit qu’elle reviendra. Pas besoin de jeter une pièce dans la Fontaine de Trevi pour en être absolument sur certain. Deux jours à Rome, c’est exactement ce qu’il faut… pour mieux revenir.

We plan a pique-nique at Villa Borghese on Sunday morning. The parc is amazing, we look at the smallest european cinema ever, Dei Piccoli, and take a nap there. In the afternoon, we decide to discover the South part of the center : from San Giovanni to Testaccio. Our first step is the Basilica San Giovanni in Laterano. Breathless. Second step : Caracalla therms. The walk from San Giovanni to Caracalla was not really nice, but we just didn’t want to take the metro, although it would have been possible. The plan is then to go to Testaccio to find a nice coffee place, which is easy in Testaccio, but we want to go back to our hostel and the gelati nearby (La Romana, really amazing ice-cream stop). Dinner at the Momart, a really (really really) amazing buffet not far from home where everybody goes with friends. Two days in Rome, two days to know you have to come back.

 

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