Cologne, idées culturelles #1

museescologne

Il y aurait à Cologne 42 musées, à en croire plusieurs journaux. Difficile de les répertorier tous, mais effectivement, dès que l’on cherche à se renseigner sur les musées de Cologne, le choix est vaste. Picturaux, historiques, généraux ou spécialisés.. il y en a pour tous les goûts. 42 musées et 30% du million d’habitants qui vont régulièrement au musée, selon une étude de 2009 menée par la ville de Cologne. Les deux chiffres suffisent à propulser Cologne capitale culturelle, au moins parmi d’autres. Oui mais capitale de quelle culture ? Des musées d’histoire, du patrimoine vieillissant et de l’ennui garanti, comme tendraient à nous le faire croire certains propos entendus ici ou là ? Pas exactement. Allons donc voir un peu plus en profondeur les bonnes idées qu’il faut piquer à la ville de Cologne.

En premier lieu, les traditions bienveillantes que l’on retrouve dans plusieurs capitales culturelles, la plus importante à Cologne étant le Köln-Tag ou le Museum-Tag. Chaque premier jeudi du mois, les musées de la ville ouvrent leurs portes gratuitement à tous les habitants de Cologne. Une initiative que l’on retrouve évidemment à Paris par exemple, le premier dimanche du mois. Cologne est peut-être d’ailleurs un peu frileuse, le jeudi drainant probablement moins de monde que le dimanche, et l’invitation ne valant que pour les habitants. Qu’à cela ne tienne, Cologne se rattrape : le jeudi dure jusqu’à 22h et offre bien plus qu’une simple entrée gratuite. Le Langer Donnerstag du Museum Ludwig en est le meilleur exemple.

Der Museumsdienst Köln organisiert an den KölnTagen besondere öffentliche Führungen und Veranstaltungen, die auch Gästen, die bisher selten Gelegenheit zum Besuch der Museen hatten, spannende Einblicke in die Schätze der Häuser bieten.

Pour les non germanophones, le musée Ludwig propose ainsi ce jour-là des visites et des évènements particuliers, pour « offrir un nouveau regard sur les perles du musée aux visiteurs qui pouvaient parfois jusque là n’aller que rarement au musée ». Ainsi, pour le mois de décembre, j’ai pu assister complètement à l’improviste  à un concert en plein milieu de l’aile la plus contemporaine du musée. Complètement à l’improviste signifiant que je n’ai plus le nom de l’orchestre (une école de Cologne me semble-t-il) et que je n’ai pas pris de jolies photos. En fait je n’ai même qu’un souvenir très flou sur téléphone :

photo

Mais l’idée est là : découvrir des instruments à côté (sur?) les oeuvres d’art est franchement enthousiasmant et vaut le détour, même si le touriste paye donc l’entrée plein pot. Résultat : le premier jeudi du mois, le musée ne draine pas forcément toute la population à ses portes (faute de communication ? Certes les habitants de Cologne savent presque tous quand a lieu le Köln Tag, mais ce n’est pas pour autant qu’ils y pensent le jeudi matin. Ni le jeudi soir) mais organise tout de même plusieurs évènements intéressants.

À l’échelle de la ville toujours, on retrouve d’autres classique des institutions culturelles :

la nuit de la culture par exemple, qui à l’image de la nuit blanche parisienne, ouvre un samedi dans l’année l’accès à plusieurs institutions culturelles et à leur programme unique pour l’occasion.

– Ou bien la journée porte ouverte des bâtiments historiques, initiative européenne, étendue par la ville de Cologne à deux jours d’affilée pour un nouvel éclairage sur des bâtiments parfois fermés ou partiellement fermés au public le reste de l’année.

– Le premier dimanche du mois, des visites gratuites du Skulpturenpark sont organisées.

Ainsi de suite. Mais ce n’est pas tout, car en second lieu, il faut évoquer tout ce que propose les plus petites institutions culturelles, ou même les endroits qui n’auraient a priori rien de culturel. Est-ce parce que Cologne a parfois des airs de village, ou bien simplement parce que le concept du snobisme ne semble pas y avoir été inventé ? Le fait est qu’il n’y a pas que les grandes institutions culturelles qui sont en général de la partie.

– un parc. Celui que je viens d’évoquer juste au-dessus comme si de rien n’était. Pas besoin de trouver une pièce vide et blanche dans un quartier à la mode pour ouvrir une galerie, on peut aussi décider d’investir un parc. Imaginé par un couple de collectionneurs en 1997 puis repris par une association dédiée à l’existence de ce lieu, le Skulpturenpark propose sur toute sa surface une exposition hors-les-murs. Plusieurs expositions en fait, puisque les sculptures tournent tous les 3 ans. Lieu calme à seulement 10/15 minutes à pied d’une station de métro centrale (Lohsestr. ou Ebertplatz), le Skulpturenpark offre tout à la fois une parenthèse de verdure sur les bords du Rhein et une parenthèse de culture dans ce quartier sinon très résidentiel et est rapidement devenu un des endroits favoris de plusieurs habitants, de par sa beauté et son originalité.

skupturenpark1

skulpturenpark2

– une église. Kulturkirche. C’est l’histoire d’une église évangélique placée dans un quartier central, calme et cosmopolite – Nippes – qui s’est dit un jour que sa position privilégiée en plein coeur du quartier devrait l’inciter à faire plus que offrir de la place aux prières. Et qu’il n’y a pas qu’en priant que les gens peuvent se rassembler, me dis-je illico. Et voilà donc sur pieds la Kulturkirche, véritable institution du quartier et rameutant évidemment des habitants du reste de la ville. Vous en saurez beaucoup plus sur le pourquoi du comment en jetant un coup d’oeil à leur site internet mais en deux trois mots : l’église est néo-gothique, une rareté à Cologne-ville-bombardée et gagne donc de ce fait déjà un statut particulier. Et pour les citer : « un exemple d’endroit où l’impossible devient possible ». Rien que ça. Et donc, les artistes vivant à Nippes lorgnant sur le lieu, l’église s’est transformée en Kulturkirche, invitant plusieurs fois par mois son sous toit des concerts ou des performances artistiques. L’endroit est sur toutes les lèvres des habitants du coin. Et d’ailleurs, conséquence toujours aussi terrible, les billets pour les concerts sont tous vendus bien longtemps à l’avance. Je me dis parfois qu’il faudrait constamment garder une vingtaine de places à vendre dans les deux dernières semaines, pour attirer le public qui n’était pas nécessairement en attente depuis des mois.

kulturkirche

– un café (entre autres cafés). Pas besoin d’être grand pour faire de grandes choses : le café Rotkehlchen, minuscule petit abri chaleureux en plein Ehrenfeld, en plus d’être un endroit cosy, abordable et sympathique, propose de temps à autres des lectures de texte, accueillant une petite vingtaine de curieux. Je suis sur la trace d’autres cafés de ce genre, puisqu’on m’a dit qu’il n’était pas le seul, mais aucun autre exemple concret ne m’est encore tombé sous les yeux.

Et puisqu’on en est à parler de littérature, il est peut-être significatif de noter le nombre impressionnant de librairies, d’art notamment, et de « marchés aux livres » comme ils disent, soit des librairies proposant sur le trottoir tout un rayonnage de réductions (mais cela a probablement à voir avec Noël). Ci-dessous, la librairie indépendante Klaus Bittner, dont je vous toucherai un mot plus en détail en début d’année 2014, quand ils reviendront de vacances et pourront répondre à mon mail.

buchhandlung

Et parce qu’il n’y a décidément vraiment nul besoin de choisir entre café et culture, entre église et concert, notons ici le nombre de petites institutions culturelles qui se doublent d’un café affilié ! Non pas tel un bar de théâtre prohibitif, mais bien simplement pour créer tout un lieu culturel. Theater am Bauturm (théâtre donc) et le cinéma Off Broadway fonctionnent ainsi un peu de la même manière : la rue ouvre sur un petit passage, où les différents lieux nous laissent le choix : spectateur ou buveur, dans une ambiance accueillante et joyeuse. Et je recommande au passage chaleureusement les deux institutions. Theater am Bauturm présente dans une petite salle toujours bondée plusieurs comédies très bien jouées et autant de grands textes classiques (Nathan der Weise, Brecht, mais aussi Oscar Wilde.) et Off Broadway est un des rares cinémas à présenter les films en version originale, avec Metropolis. Mais le petit passage en question fait d’Off Broadway mon préféré.

offbroadway

La suite au prochain épisode, avec en bonus les récits de lutte des habitants pour garder leurs institutions culturelles.

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