« La vie culturelle à Cologne ? Un peu poussiéreuse ».

Poussiéreuse, parfaitement. Angestaubt en version originale. Antiquiert. Voilà ce que m’a décrété la jeune femme travaillant à la galerie Kaune, Posnik, Spohr. Le paradoxe évident est plutôt amusant : voilà donc une habitante de Cologne qui travaille dans une galerie dédiée à la photographie contemporaine, une galerie qui expose à l’heure actuelle Todd Hido, photographe aperçu à Paris, San Francisco et New York dans les dernières années, et la voilà qui m’affirme que l’offre culturelle à Cologne est un peu poussiéreuse. Elle travaille dans une petite rue où j’ai pu observer une galerie d’art contemporain tous les cinquante mètres environs. Alors pourquoi diable dénigrer Cologne ainsi ?

ToddHido

Une des photographies exposées, Todd Hido donc.

Ce n’est que mon troisième jour ici, donc je n’ai pas encore eu le temps de me faire un avis. Mais en quelques pérégrinations à travers la ville, j’ai tout de même aperçu :

– un bus recouvert d’une publicité pour le théâtre de Cologne, montant des pièces tout à fait modernes

– une « église artistique » (apparemment ancienne église reconvertie en lieu de théâtre, performances, et concerts le soir)

– ce quartier de galeries et de librairies vers Albertusstr., à deux pas des rues les plus commerçantes et les plus touristiques.

Bon sang, où est la poussière ? Qu’elle se montre. Je m’efforce de deviner ce qu’elle a pu vouloir dire :

Demain, premier jeudi du mois, plusieurs musées proposent une entrée gratuite ou du moins réduite. Il a donc fallu que je commence à éplucher tous les musées de la ville, il paraît que Cologne en compte 42. Déception : les musées de la ville, ouvrant leurs portes en ce jeudi spécial, ne sont qu’une petite dizaine. Et quelles que soit leurs qualités supposés, il n’y a guère que le musée Ludwig qui semble pour l’instant s’agiter d’initiatives et de modernité. Notre Beaubourg ? Je vous en dirai des nouvelles bientôt. Quand aux autres musées, peut-être sont ils angestaubt, mais là encore j’irai vérifier. Musée du Moyen-Âge, musée du chocolat, musée de l’histoire de la ville, musée romain-germanique… Effectivement peu d’ouverture sur le futur à première vue, et probablement un public essentiellement composé de touristes. (Mais tout cela n’est pour l’instant qu’un grand tas de suppositions.)

Les véritables initiatives, à l’exemple de ces galeries, ou de plusieurs performances organisées ici ou là, ne sont pas vraiment visibles. Mon regard ne fait que chercher ces initiatives, alors il les trouve. Mais pour le quidam égaré dans Cologne, elles restent peut-être introuvables. Une Erasmus à qui je proposais plusieurs offres de trucs à faire dans la semaine s’est étonnée : « Mais où entends-tu parler de tout cela ? ». Alors voilà, la poussière revient peut-être finalement à ce que m’a dit une autre fille, dans une autre galerie (Brigitte Schenk) :

Es gibt so viel zu sehen.. Man weiss nicht, was man zuerst und zuletzt sehen kann. Was revolutionär ist, innovativ.

P1060337Klaus Fritze, Arboretum, dans la galerie Brigitte Schenk.

Donc, conclusion numéro 1 : Cologne est loin d’être une petite ville, culturellement parlant. Il y a so viel à voir et à faire.

Conclusion numéro 2 : Mais il y a tellement, qu’on est surtout un peu noyé dans le patrimoine poussiéreux, et que les initiatives plus contemporaines ont peut-être du mal à percer.

Conclusion numéro 3 : Va falloir vérifier tout ça. Y a plus qu’à, comme on dit.

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